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Samedi 15 juin 2013 6 15 /06 /Juin /2013 00:00

Jamais assez de gratitude envers ceux qui vous font découvrir. Les saluer, encore et toujours : merci, la loutre, merci pour ce M'introduire dans ton histoire de Jacques Dupin. Livre indispensable. *

" Le poète n'a rien à donner que ce qu'il n'a pas. "

 

À Pierre Reverdy

 

j'adhère à cette plaque de foyer

je rends ton enfant à la vague

je tourne le dos à la mer.

 

reconquise sur le tumulte et le silence

également hostiles,

la parole mal équarrie mais assaillante

brusquement se soulève

et troue l'air assombri par un vol compact

de chimères.

le tirant d'obscurité du poème

redresse la route effacée.

 

il neige au-dessus des mots.

après tant de voyages violents

entre la table et la fenêtre ouverte,

toutes choses et ta soif devinrent transparence

et profonde allégresse obscure...

il neige au-dessus de nous :

ce que tu taisais, je l'entends.

 

 

* Jacques Dupin M'introduire dans ton histoire P.O.L., 2007

Par tempesdutemps.over-blog.com - Publié dans : Vous avez dit poésie ?
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Mercredi 12 juin 2013 3 12 /06 /Juin /2013 13:20

Jean Bizien NYC, 1951Jean-Bizien-NYC-1951.IMG.jpg

Il me semble que je suis ignare, inculte, bête en un mot... La criiiiiiiiiise, je ne comprends rien à rien, rien de rien, que pouick, que dalle, nada ! " Ils " en balancent des explications, des quand, des comment, des pourquoi-parce que. Ils en disent des mots simples et d'autres compliqués, des histoires de banques et de politique, paraîtrait même que c'est complétement imbroglié. Je m'applique pourtant, je lis des trucs en aiguisant mes neurones, j'en écoute, j'en regarde, j'essaie de visualiser le " rachat de la dette " et sa revente. J'ai une lueur d'espoir parfois, il me semble que je suis (du verbe suivre)... Et PLAF, un moment où ils ont prononcé un mot que je ne connais pas, ça dérape, je dévisse, je suis perdue. Par exemple, lorqu'ils disent que " les obligations synthétiques adossées à des créances sont toxiques " je ne comprends que le dernier mot. Mais celui-là, je le connais !

Et ce que je comprends parfaitement, c'est que sur ce terrain de crise (plus pour certains que pour d'autres, la crise), nait et pousse, le populisme pour levier, un vieux fachisme bien puant, avec repli identitaire, racisme, bouc émissaire et tout le tintouin. Ça s'est déjà vu et ça se verra encore : au secours, ça se VOIT MAINTENANT !

Alors :

Ça dépote, les vieux Pink, ça dépote encore !
Par tempesdutemps.over-blog.com
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Dimanche 9 juin 2013 7 09 /06 /Juin /2013 11:20

Aujourd'hui, sur mon calendrier cadeau (merci Paul et Aude) la phrase du jour de Lewis Caroll : Même si la vie n'a pas de sens, qu'est-ce qui nous empêche de lui en inventer un ? Oui, inventons.

P1020954.JPGInventons la vie, les paysages, inventons la joie lorsqu'elle n'est pas donnée ! 

Ah... quand même ! Ça y est : j'ai pu faire quelques brasses et délester. Dans un de ces lacs aux eaux gentilles, aux sables rouges de fer, aux glaies d'eau (ou encore flambes d'eau), aux libellules. Une eau de (re)naissance.

J'ai bien fait puisque la pluie froide fait son dur retour et dure. J'ai appris à éprouver de la reconnaissance envers chaque instant doux, même s'il faut aller le chercher avec les dents ou à la rame ! J'apprends, jour après jour, à déposer, à écouter, à prendre. J'apprends encore à vivre, jour après jour. J'apprends encore à apprendre. J'apprends des ami(e)s qui elles (eux) aussi déposent, écoutent, prennent et donnent. J'apprends qu'une musique peut être plus forte encore que votre peine et déferler, tsunami féroce et/mais jubilatoire.

On peut aussi se laisser kidnapper par cette pulsion de vie. On peut, on doit être prêt à lâcher le petit moi-moi et se laisser lessiver. C'est salvateur. Cela se nomme l'abandon.

 

Petite phrase d'un dimanche-ondées-entre-les-éclaircies ou inversement (je ne peux m'empêcher de me marrer) :

" Si je suis français ? Bien sûr ! Pourquoi voulez-vous qu'un homme de mon âge ne soit pas français ? Vous me surprenez..." Erik Satie

Par tempesdutemps.over-blog.com
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Vendredi 7 juin 2013 5 07 /06 /Juin /2013 10:30

portraits-0012.jpg

Avec cette nouvelle catégorie et pour l'anniversaire de naisance de mon fils Thomas, je vous livre un texte commencé il y a cinq ans, un texte en train de s'écrire, un texte qui ne veut pas finir, qui ne finira pas : Après, l'Invisible.

 

 

Quelqu'un s'éloigne. Immobile et souriant, il s'en va, déjà porté par une marée de musique. Il ne nous quitte pas : il part et se désintègre.

 

Nous sommes absents du paysage. Même son silence ne nous parvient plus : il y a qu'il s'est tu.

 

En tentant d'approcher ces dimensions, j'agrandis le hors-portée, j'élargis la radicale différence entre son état et le nôtre.

 

La démesure de l'océan me permettra de l'approcher.

 

Plutôt mourir que la mort, as-tu dit ? Pour moi, ta mort m'embroche. Elle est traversière.

 

 

Toute souffrance demande récit.

 

 

*§§*

Par tempesdutemps.over-blog.com - Publié dans : Après, l'invisible
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Lundi 3 juin 2013 1 03 /06 /Juin /2013 19:00

Des musiques mouillées, il y en a comme s'il en pleuvait, un vrai déluge. Mon choix s'arrête sur mon chouchou :

L'expression est marrante : " moyennant quoi ". Un peu comme " voyons voir ". Bon, moyennant quoi, j'ai été privée - très profondément - de lumière pendant une semaine... M'apprendra à y aller, dans ces pays sévères quand la météo pessimiste annonce le pire ! Moyennant quoi, six jours de pluie incessante et glacée peuvent vous appesantir, vous rendre un brin tristouille, vous transformer en tortue neurasthénique, vous teindre l'âme en gris.petites-tarasconaises.jpg

Mais pas que...Il y a toujours à voir - ah... les petites grises tarasconnaises et les fleurs de montagne - à entendre - ouh... le torrent déchaîné, au 1er plan ci-dessous, deux colverts endormis - à sentirDSC01837.JPG malgré leur détrempage les exquises pivoines, à faire - marcher, harnachée comme une vieille haridelle [ n. f. orig. scandinave : mauvais cheval maigre. Larousse].

Mais trop de pluie plombe. Trop de nuages ensevelit.

Et lorsqu'à Capoulet-et-Junac (Ariège), on tombe sur ça, on meurt direct :

DSC01849

Antoine Bourdelle

Alors, on revient et à Toulouse, le ciel s'éclaircit. À Bordeaux, il fait beau et tiède. On change de monde, d'humeur, on revient à la mesure. Trop de tout tue.

Photos : C. Destandau

P.S. : pardon pardon, amie de là-bas, ton pays est beau et toi, tu es douce. Mais on a brûlé presque toutes les bûches, non ?

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