Lundi 15 décembre 2014 1 15 /12 /Déc /2014 00:00

 https://www.youtube.com/watch?v=gx4b9VGvCjg

Schubert évidemment parce que Le Pâtre sur le rocher mais finalement Adam Laloum dans un Impromptu parce que je l'aime beaucoup. Je l'ai vu et entendu à Lacanau, l'an dernier : magnifique !

Je continue à feuilleter le livre d'arbres et de peintures - merci M. B. ! - et après le saule (cf billet 472 du 21/11), j'ai envie de parler de " l'arbre des peurs enfouies ", ainsi que le nomme l'auteur (non, pas d'E même si c'est une dame, faut pas pousser !) Hélène Mugnier*.

De saison, mon arbre : le SAPIN ! Vous remarquerez que je vous ai fait grâce, en vignette musicale - du O tannenbaum... Le Christmas tree est à l'origine complètement païen : les celtes l'honoraient le jour du solstice d'hiver - 24 décembre - en des ripailles très épicuriennes !

C'est un arbre de montagne ; rien à voir avec notre pin maritime. Le sapin résiste aux assauts du froid. Mais les montagnes sont longtemps vécues comme des lieux peu accueillants voire hostiles. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on les peint peu.Durer2.jpg

Dürer est une exception avec son contemporain Albrecht Altdorfer (ci-contre). Il faudra attendre les débuts de l'alpinisme (1808 - Première ascension féminine du Mont-Blanc par une habitante de Chamonix : Marie Paradis) pour que les artistes emboîtent le pas aux scientifiques. On trouve même en 1923, une... (voir ci-dessous)  becassine-alpiniste-1923

 

Et les romantiques, fascinés par la métaphore mélancolique de l'arbre qui s'adapte à l'univers hostile, vont faire entrer le sapin en peinture.

Voici donc Caspar David Friedrich et son Chasseur dans la forêt (1813-1814), son homme qui se dirige vers la forêt que l'on devine serrée et sombre. Ils sont beaux, ces sapins légèrement saupoudrés ; ils sont grands par rapport à l'homme qui va pénétrer dans la forêt, sous l'œil de l'oiseau, au tout premier plan. Reviendra-t-il, cet homme ?

CDFriedrich.JPG

* Quand la nature inspire les peintres - Hélène Mugnier - Éd. Plume de carotte, 2012

P.S. : Je n'ai pas la place ici : je vous encourage vivement à aller regarder Félix Vallotton et La Dent du Bourgoz (1905). C'est trop beau ! Sans parler de L'avalanche dans les Grisons de Turner

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Jeudi 11 décembre 2014 4 11 /12 /Déc /2014 19:40

https://www.youtube.com/watch?v=1IEYtta_ZsI

Je vous explique pour la musique : c'est long (quoique très beau) mais je n'ai pas pu vous mettre QUE le 2ème mouvement, le plus beau, l'andante qui commence à 11'45 : concerto L'Égyptien de Saint-Saëns, J.-Y. Thibaudet au piano. Climat arabo-andalou, harmonies étranges...

J'apprends de jolies choses et j'aime ça : à la radio, une dame parle magnifiquement de mathématiques (c'est Stella Baruk), domaine que je regrette encore d'avoir bêtement rejeté. Stupidité de l'adolescence, rejet de ce par quoi on se sent rejeté. Et elle dit : un jour, quelqu'un a tracé un cercle autour du vide et a créé le zéro. Tout devient lumineux ! Comment dire le rien ? En tentant de l'encercler mais qu'au milieu, ce soit encore le rien. 0 ou O. Comme dans toutes les grandes choses, c'est la simplicité totale qui m'émeut.

Puis dans le livre magnifique de Michel Serres, YEUX - Éditions Le Pommier - je reçois ceci en pleine figure, paf, ça me tape dans l'œil : photo Arndt DSC02312.JPG

Et enfin, une amie (merci, l'amie) me parle d'un auteur, Grozdanovitch. Les titres de ses livres m'enchantent : Petit éloge du temps comme il va, Traité de désinvolture, La puissance discrète du hasard. Je me promets d'aller voir de plus près, chez mon libraire préféré. Extrait d'une critique :

" Il constate avec une joie communicative que l'orage ou le crachin breton sont aussi nourriciers pour notre esprit que le soleil brûlant que nos contemporains recherchent éperdument et vainement. " Ça me parle. À suivre...

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Samedi 6 décembre 2014 6 06 /12 /Déc /2014 19:10

https://www.youtube.com/watch?v=crrxk6ptsFc

Il y a des dates, des échéances. Au début, elles paraissent lointaines. On se dit : " Oh... c'est loin encore ! ". Et puis - vous savez comment galope ce farceur de temps, ou parfois limaçonne, c'est selon son humeur, la vôtre - tout à coup, c'est presque là. Dans trois jours. Demain. Aujourd'hui. Tout à l'heure. Quand on a commencé le compte à rebours, c'est tout près de la date butoir, celle sur laquelle on bute, qui vous culbute. Et ça débute.

Et puis, c'est fou, c'est passé ! Déjà ? C'était comment ? Avons-nous vraiment vécu ce moment tant attendu et tant redouté ?

CLAIRE-007.JPG

Oui, ceux qui étaient avec vous l'attestent : ça s'est bien passé. Car vous n'étiez pas seule, ça non. Ils étaient là, le coéquipier (qui remplaçait au pied levé et léger celle qui était en voyage obligé), les amis, le libraire et les livres, trois visages qui sont là depuis la nuit de votre temps, les absents, les écrivains convoqués...

CLAIRE-047.JPG

Mes énumérations sont sans fin. Parce que c'est un partage auquel tout le monde est convié.

Je n'aime pas trop m'exposer et ne prends pas le risque d'exposer ceux qui risquent d'en être froissés. Mais les amis lointains sont ainsi associés au festin. Sur ces photos (merci à Brigitte G. et au technicien C. D.), on nous voit verre dans une main, livre dans l'autre et sourire aux lèvres : nous évoquons ces mots qui, " immergés et séparés du réel " font parfois naître la poésie.

Il était une fois, des rencontres...

P.S. : merci à Brigitte Giraud, à Dominique Boudou (photo 1), à Jean-Paul Brussac libraire (photo 2), à tous ceux qui m'ont donné le grand plaisir de leur présence...

P.S.2 : Je vous en prie, écoutez la musique proposée en début de billet : elle emporte dans un chemin sans balise. De ces chemins que le temps oublie (oui, jeu de mots possible pour oreilles affûtées). Un voyage sans retour. On part trop loin. Bien après l'hiver.

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Lundi 1 décembre 2014 1 01 /12 /Déc /2014 19:00

https://www.youtube.com/watch?v=xgObWWy-sMQ&list=RDxgObWWy-sMQ#t=0

À Sacha : P1040370.JPGles grues , 26 nvembre 2014

En voiture (je préfère automobile mais ça fait pédant et désuet), j'entends une émission consacrée à Serge Regianni. Et cette chanson arrive dont chaque mot sort de ma bouche avant même que je sache d'où elle vient, elle me précède : je la sais par cœur, la belle expression ! Oui, il s'agit de cœur. " Longtemps je t'ai gardée, comme une perle rare ". Tout était là, je n'ai absolument rien oublié, pas un seul mot. Et tout en chantant à tue-tête (encore une expression étonnante), je m'émerveille de la puissance de la mémoire car les images arrivent : nous sommes jeunes, les copines et moi, et nous braillons la chanson comme un hymne, nous la brandissons comme un étendard : Ma liberté, longtemps je t'ai gardée...

Gladtony-papillons.jpgÀ Brigitte : Là, c'est le présent qui se rencontre. Qui vas-tu croiser pendant cette croisière ? Toi, vivante et à vivre. Pour cette rencontre, faut voyager léger, s'oublier sur la rive, se dire au revoir (dans arrivederci il y a rive), et entendre que les autres vous attendent et leur faire confiance pour ça mais les oublier un peu. Voilà tout ce qu'il faut faire dans ce "faire-rien ", dans cet abandon de soi au navire et aux bons soins de son personnel.

Pour toi ces quelques vers de Roberto JUARROZ :

Naufrage dans le miroir.

Chaque jour nous sombrons un peu plus

dans son eau lisse.

 

Jusqu'à ce qu'un certain jour

l'excès du naufrage

brise du dedans le miroir.

 

Et pour finir, annoncer que jeudi 4 décembre, à 18h30 et à la Librairie Olympique (place des Chartrons), nous deviserons, Dominique Boudou et moi, autour de L'oubli des étangs - mon dernier recueil - Bien sûr, vous  êtes conviés à cette rencontre.

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Vendredi 28 novembre 2014 5 28 /11 /Nov /2014 17:00

Bien botanique, ces temps-ci. Un des ces derniers matins, sur mon balcon, ceci, comme une offrande, deux soucis anti-souci :

DSC02299.JPG

Et on dit : bonjour, mesdemoiselles souci, merci d'être venues. Pas du tout l'idée que ce pourrait être des messieurs. Et on s'étonne que le même mot désigne une fleur et une préoccupation. Direction ----> étymologie : normal, pas du tout la même racine. Ah, le français... C'est pour ça qu'on l'aime.

Et quelque chose revient, coincé dans la mémoire, comme un petit bout de salade entre deux dents : la petite voix aiguë d'une collègue (ce mot ne convient pas, il y a dans le mot quelque chose qui LIE, qui fraternise), d'une collaboratrice (ce mot ne convient pas non plus : on n'arrivait pas à travailler ensemble), bref d'une personne avec qui j'étais obligée de travailler (c'était l'épouse d'un chef qu'on avait mise là parce que " bibliothécaire, tout le monde peut le faire, faut juste ranger les livres sur les rayonnages "). C'était un gros souci pour moi, cette personne qui justement disait à tout propos, de sa voix fluette et acide : " Pas d'souci, pas d'souci ! ".souci.jpg

Oublions ça et découvrons ça (photo à droite) : c'est aussi un souci. Un souci papillon. Imaginons le dialogue entre un souci se posant sur un souci...

- Euh bonjour, moi, c'est souci. Et vous ?

- Il y a un petit souci, là, parce que moi aussi, c'est souci.

- C'est le cadet de mes soucis ! Je suis le vrai souci !

- Il y a de la place pour tous les soucis etc.

Allez, je m'en vais arroser mes soucis afin que - c'est bizarre - ils durent le plus longtemps possible.

http://www.dailymotion.com/video/xerj02_la-passante-du-sans-souci-1981-band_shortfilms

Les dernières larmes de Romy... "sans-souci ", tu parles !

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