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Le blog de tempesdutemps.over-blog.fr

Idées, images, musiques à partager pour un tissage de qualité avec ceux qui pensent, qui vivent poétique "Ceci est la couleur de mes rêves" J. MIRO

147 - Quelle délivrance ?

Publié le 4 Janvier 2011 par tempesdutemps.over-blog.com

delivrance_deliverance_ost_small.jpgAlors que j'avais presque réussi à oublier ce film, un frère-ami m'envoie, à propos d'une discussion sur la musique, l'étonnant extrait du film Délivrance (John Boorman - 1972) ; et je me surprends à ressentir un intense malaise, une appréhension alors même que la musique devient jubilatoire et qu'un petit miracle advient entre ces deux êtres humains jouant ensemble... Parce que ça se brise, la magie s'arrête comme elle a commencé : quelque chose de l'ordre de la menace s'installe, une lourdeur diffuse, un machin moite et poite à la fois. Ça va mal se passer.

Est-ce cette atmosphère à couper au couteau entre " ceux-de-la-ville "  et les ploucs du Triffouillis-les-Oies local ?

Est-ce le visage sur lequel venait enfin un sourire qui se referme et se détourne ?

Un apprivoisement raté ? Un truc qui cloche, une fausse joie ou plutôt une joie fausse.

On ne rigole plus. La nature n'est pas idyllique et le "sauvage" peut être féroce, surtout s'il est incarné par des hommes. C'est alors que le carnage advient. Car aucun animal ne tue par plaisir.

Voici le duo-duel musical : qu'en dites-vous ? Moi, c'est chair de poule garantie.

L'ami Vincent ne viendra plus sur ce blog ; il n'ira plus nulle part d'ailleurs. Quoique... Il sera là, bien au chaud de nos bistrots, de nos rires, de nos musiques et de nos chamailles, à rigoler avec ses yeux trop bleus. Et ça, c'est pour la vie. Ce billet est pour toi, l'ami. 
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Vwx 07/01/2011 09:39



Le "duel musical" est plus explicite pour ceux qui ont déjà vu le film. C'est un peu comme dans un polar où l'auteur sème quelques indices pour nous aiguiller sur la piste du coupable. Dans ce
sourire qui se transforme en rictus prédateur et cette tête qui se détourne "communication coupée à la racine" juste après "l'incroyable connivence" on lit toute la perversité (prévue par le
scénariste) qui adviendra.


Cyniquement, je me fais la remarque que, pour une fois, dans un film, ce n'est pas une femme qui se violer. ça change !!!!!


Et j'aime bien ton image, si juste ô combien, du "sauvage" incarné par des hommes. Aïe, aïe, aïe, l'Homme une espèce non domesticable ! On n'est pas sorti de l'auberge !!!


 



tempesdutemps.over-blog.com 07/01/2011 10:33



Oui, c'est DUEL et non DUO ! C'est vrai qu'il faut savoir la suite pour percevoir la menace... mais le scénariste malin nous prépare déjà à l'horreur à venir. Grâce, à la musique, ça n'est qu'une
tendre guerre qui deviendra un massacre : un viol d'homme c'est aussi moche, hein ? Enfin, c'est toujours un homme qui viole, quoi !


Pas une seule femme durant tout le film... Un signe ?



Denis 05/01/2011 21:46



Merci Claire.


Je ne me souviens plus du tout du film, que j'ai vu il y a très longtemps. Si, je me rappelle uniquement qu'il est dur, très dur. Je ne peux donc rien dire sur la "confrontation" de ces deux
personnages.


Par contre, je suis transporté par le son de ce banjo, le staccato précis et rapide, par la maîtrise du musicien, c'est magique, j'aimerais que ça ne s'arrête pas. Voilà le genre de morceau que
je peux écouter en boucle plusieurs fois.



tempesdutemps.over-blog.com 06/01/2011 10:59



Ah pour être dur l'est dur !!! Sauvage et brutal. Alors je suis très influencée par cette barbarie et ce dès les premières images. Mais la musique est véritablement jubilatoire et met dans un
étét d'excitation joyeuse. On aime. Merci à toi, Denis, de l'avoir remise dans mes "favoris".



marie guegan 05/01/2011 21:26



Je ne connais  rien de ce film seulement l'extrait  que je regarde là .Je ne ressens pas cet effroi dont tu parles Claire mais je suis tout ouïe à cette incroyable connivence entre ces
deux personnages, moment atemporel , rare,  pendant quelques minutes.Il y a eu l'évènement de la rencontre et c'est cela que je regarde. Il y a du Faukner là dedans aussi .


 



tempesdutemps.over-blog.com 06/01/2011 11:06



Comme il est juste le lien avec Faulkner ! Mais, justement, Faulkner est souvent moite et légèrement glauque, non ? Faut que je relise (souvenir totalement ébloui de Lumière
d'Août). Et je suis effectivement complètement sous le choc de ce qui se passe après ce moment rare, comme tu le nommes : le grand désastre qui suit est contenu dans les premières images. Je
ne sais pas si je te conseille de voir ce film, vraiment je ne sais pas... Il vaut peut-être mieux juste avoir ce moment de grâce.



horus 05/01/2011 18:23



Comment ces deux types, dont on ne sait pas encore que tout les oppose, trouvant un terrain (de duel) d'où il s'avère qu'ils sont faits pour s'entendre, comment, après une si belle performance,
ne tombent-ils pas dans les bras l'un de l'autre ? Parce que justement ce n'est pas ce qui était prévu par l'un. L'un devait tuer l'autre, musicalement, pour commencer.



tempesdutemps.over-blog.com 05/01/2011 19:26



Ou comment frustrer l'éphémère "partner", comment casser la joie qui fût... Bon d'accord, on a partagé un bon moment mais ça s'arrête là : on ne se connaît plus. Je crois que c'est cet anti
happy end qui est glaçant !



brigitte giraud 05/01/2011 00:54



La musique pour un sourire, puis quand la musique s'arrête, la communication coupée à la racine. C'est fantastique ! et la malaise plane quand même.



tempesdutemps.over-blog.com 05/01/2011 09:43



Ce sourire là, il vient d'une terre inconnue : c'est d'autant plus violent quand il s'en va, quand ils s'en vont, avec leurs secrets et retournent au silence. C'est passé, "ils" sont partis. Et
maintenant... qu'est-ce qu'on fait ?