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Le blog de tempesdutemps.over-blog.fr

Idées, images, musiques à partager pour un tissage de qualité avec ceux qui pensent, qui vivent poétique "Ceci est la couleur de mes rêves" J. MIRO

438 - Échouages et arrimages

Publié le 17 Mars 2014 par tempesdutemps.over-blog.com

Voilà, c'est comme ça : on veut trop en faire ! On prévoit des tas de trucs, on gigote dans tous les sens, on veut parler de Nantes que l'on a vue quelques heures, on veut parler des amis poètes dont les livres n'arrivent pas à bon port (Salut, Dominique !), on veut évoquer la merveilleuse carte envoyée par des amis très chers et qui dit : LA FEMME EST UNE LOUPE POUR L'HOMME... On voudrait évoquer Charles Juliet qu'on a entendu, vraiment entendu. Bref, on a des appétits insatiables et... on ne fait rien ou autre chose.

Alors, on se met en pause, on arrête la cavalcade des " je vais le faire "  et on va saluer le fleuve. On tombe sur ça :

P1030697.JPG

juste à côté de ça ; P1030693.JPGet on ne sait plus qui tient qui. On se dit que c'est une vieille habitude entre eux, les raffiots échoués, la corde bleue qui arrime l'un d'eux à l'arbre. Un pacte noué aux temps passés. On se fait une histoire, celle de l'homme - oui, sans doute un homme - qui a passé la corde bleue au cou de l'arbre en lui glissant quelques mots, bleus aussi.

Pas moyen de savoir pourquoi on est ému à mort devant ces deux gisants, jumeaux dans l'inutilité et l'abandon. Une mort douce avec une corde et un ciel bleus. On s'arrache à cette mélancolie de l'oubli et plus loin on rencontre Yvette, guère plus fringante mais - peut-être grâce au prénom en -ette - dont la fin a quelque chose de plus modeste, moins grave.2014-03-14-Yvette.JPG Devait être guillerette, l'Yvette.

Elle est de l'autre côté du fleuve, côté ville et près de la promenade. Elle a de la visite souvent. En fait, elle dort

C'est vrai qu'elle était petite, Yvette.

Et puis vient, dans toutes cette mélancolie, une furieuse envie d'envoyer paître la langueur ; on remercie très fort celui qui vous a trouvé ça : ça commence comme du Vivaldi et finit comme du Jimmy Hendricks. Et je suis fan de ce ravage ! Larguez les amarres. Marins d'eau douce, bachi bouzouks, ectoplasmes...

(Euh, mettez vos bouées, quand même)

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Christine 18/03/2014 06:33


Derrière le bateau échoué


la mer attend,


derrière les notes de Vivaldi


arrive la marée.


Et nous, on est là, entre les deux.

tempesdutemps.over-blog.com 18/03/2014 10:09



Oui, toujours, quelque chose vient... que quelqu'un regarde passer.


Tout s'arrête sauf les marées.


Parfois, on embarque.



Brigitte Giraud 17/03/2014 21:52


waouh ! sont géniaux ces musiciens encordés à leur archet qui tempête, perdent ni pieds ni doigts de la mer, pour saluer ces vaisseaux effondrés sur l'herbe. Une très belle évocation de la
mélancolie...

tempesdutemps.over-blog.com 18/03/2014 10:06



 On se dit que les archets ne finiront pas le concert : tout déplumés ! J'adore cette espèce de folie qui embarque. Ça requinque. Mais les bateaux-baleines ont fini de tracer... Sont en
laisse.



vhm 17/03/2014 21:02


Je suis certaine que tu vas aimer ceux-là : je les adore. Depuis trois ou quatre ans quand je veux secouer la mélancolie (tu dis langueur...), je me branche sur eux et ça fait un grand trou
d'air...http://www.youtube.com/watch?v=rbTozgoj9OQ


Quand est-ce qu'on embarque ?


 

tempesdutemps.over-blog.com 18/03/2014 10:03



Un appel d'air d'ailleurs... mais ça reste quand même bien nordique et neigeux. J'aime beaucoup. Mais c'est très (trop) doux pour quand on a envie d'une secousse genre AC/DC !


Les passagers pour la ballade de mars ne vont pas tarder à embarquer...