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Le blog de tempesdutemps.over-blog.fr

Idées, images, musiques à partager pour un tissage de qualité avec ceux qui pensent, qui vivent poétique "Ceci est la couleur de mes rêves" J. MIRO

446 - Le paysage dans l'œil

Publié le 9 Mai 2014 par tempesdutemps.over-blog.com

On a des paysages dans les yeux.

Ils sont là, imprimés. Au bout d'un moment, ils passent derrière, dans une zone indéfinie, une mémoire spéciale, rien que pour eux. Tout dépend de l'œil touché, atteint, capté et capteur.

2014-05-J-par-K.jpg

Photo C. Destandau

D'abord, le dessin, l'ourlet de la paupière, les cils et le petit grain de beauté bien centré. Puis dans l'iris, au milieu de toutes ces courbes, l'encadrement de la fenêtre et le paysage contenu. Ce ne peut être que le reflet. On a envie d'y voir le décor que voit l'œil. Mais l'œil fixe le photographe et le photographe n'est pas un paysage. Quoique...

Maintenant dans nos yeux, l'œil et le paysage. Mise en abyme que vous perpétuerez.

Plus difficile avec l'image ci-dessous que le modèle de la première photo - celle au grain de beauté - me supplie de faire figurer dans ce billet. " Mais si, il l'a, le paysage dans l'œil ! ".Il s'agit de l'œil d'un très bon ami du sus-dit modèle :Anakin-eye2.jpg voici donc " le paysage dans l'œil d'Anakin " [Mission accomplie]

Les paysages, pourtant statiques, deviennent voyageurs. Exposés, montrés, vus, ils passent d'œil en œil et vont aussi dans la mémoire de qui les voient. Ils en ont du travail, ces paysages !

Et, j'ignore pourquoi, comme un paysage ancien, me vient cette phrase de Joël VERNET :

[...] Écrire ne vaut que pour le chant de la vie invisible, engluée dans la terre, mise sous le boisseau. Écrire délivre peut-être de telles voix. C'est sans doute cela l'espérance d'écrire : ouvrir vers l'infini, vers l'impossible, vers l'inconnu, entendre battre le cœur des silhouettes. (les italiques sont voulues par l'auteur)

in Celle qui n'a pas les mots - Éd. Lettres Vives (Entre 4 yeux)

 

 

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Brigitte Giraud 10/05/2014 11:43


Les silhouettes... Est-ce que je vois existe vraiment ? Et puis s'étonner de la vie qui bat, de tout ce qui bouge, s'imprime en nous, le mystère que c'est. Ce que fait peut-être le photographe,
saisir ou essayer de saisir le mystère de la vie, ce qui ne sera jamais totalement atteint, mais juste approché tellement bien approché parfois qu'il ouvrira sur un autre, l'imaginaire, le désir,
le fragile, le rêve.... Bravo au photographe, absent c'est vrai de la vraie fausse mise en abyme, mais on le sent là, hé hé !

tempesdutemps.over-blog.com 10/05/2014 21:38



Fixer le fugace... ouvrir la voie à d'autres vies encore, d'autres vues, d'autres intériorités, tous les possibles dans une image comme tous les poèmes dans un mot,l'ultime note.


Je transmets au photographe, acteur invisible, passeur précis de ses visions. 



Christine 10/05/2014 09:01


Voilà pourquoi je n'écris pas, j'ai figé mon paysage intérieur jusqu'à le rendre immuable, à ce qu'il devienne moi.

tempesdutemps.over-blog.com 10/05/2014 21:31



Comment ça, tu n'écris pas !? Et puis, " figé " n'est pas un mot qui convient, d'après ce que j'ai pu voir et comprendre... Mais il est vrai que tu parles de ton paysage intérieur. Ça m'étonne
quand même. Jusqu'à ce que TU deviennes LUI, peut-être...


Onen parlera, peut-être aussi parce que j'aime beaucoup l'idée des persones-paysages.



horus 09/05/2014 17:47


En réalité (!), la mise en abyme est incomplète : manquent l'appareil photo et, à travers lui, le responsable de tout, le photographe, le voleur d'image. Heureusement pour lui, il n'apparaît pas
dans l'oeil. Pourtant, il y est, le regardeur regardé...


Mais qui regarde qui ?

tempesdutemps.over-blog.com 09/05/2014 18:25



J'aime le point d'exclamation après le gros mot : RÉALITÉ ! Peut-être un gros ? aurait été bien aussi.. Mais il est vrai que le troisième larron de l'histoire (photo de l'œil et
dans l'œil, le paysage etc...) et non des moindres, c'est celui qui déclenche. Et on tire le fil de l'homme qui a vu l'homme qui a vu l'ours. Mais non !!! C'est un poney.


Histoire jamais élucidée du regard.



véronique 09/05/2014 14:38


 


« Il en va de même des pays et des
paysages. Sans l’œil qui les regarde, existeraient-ils ? »


Michel Tournier, Journal
extime


 


Et les paysages intérieurs ? Est-ce avec les yeux ou avec le coeur que nous les voyons?

tempesdutemps.over-blog.com 09/05/2014 14:47



C'est avec les yeux du cœur, tu sais bien, ceux qui jamais ne sont myopes...


Jolie phrase, vraiment, celle de Tournier... Ça existe sans nous, bien sûr, mais nous sommes les relais, si possible, éloquents et vigilants.