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Le blog de tempesdutemps.over-blog.fr

Idées, images, musiques à partager pour un tissage de qualité avec ceux qui pensent, qui vivent poétique "Ceci est la couleur de mes rêves" J. MIRO

460 - Un livre, c'est... dit-elle

Publié le 8 Août 2014 par tempesdutemps.over-blog.com

15-ans.jpg" Un livre, c'est la nuit. " Et elle ajoute " J'ai envie de pleurer en disant ça..." Et c'est vrai qu'elle est au bord des larmes. Et moi, ça m'a transpercée, cet aveu, cette lumineuse obscurité. D'où lui vient cette étonnante élégance du désespoir ?

" Quel est ce mal ? " demande le vice-consul dans India Song. " L'intelligence " répond une voix de femme. Voilà que tout est dit.

Elle est si précise dans son discours, la Duras. C'est toujours juste et précis même dans le doute, jusque dans le doute.

Certains films sont de l'écriture qui se fait, c'est ainsi du moins qu'aujourd'hui j'en comprends certains. La voix de Viviane Forrester dans India Song, " peau de l'image " selon Marguerite Duras en témoigne. Ce ne sont pas des récitants mais comme le dit Jacques Lacan " des tiers [...], loin d'être tiers exclus ". Loin de moi l'idée de paraître pédante mais c'est sous les plumes de Lacan, Féfida et autres Blanchot que j'ai trouvé, éblouie, les lectures les plus éclairées de cette écriture. Jugez plutôt :

Car la limite où le regard se retourne en beauté, c'est le seuil de l'entre-deux-morts, lieu que j'ai défini et qui n'est pas simplement ce que croient ceux qui en sont loin : le lieu du malheur. Jacques LACAN in Cahiers Renaud-Barrault, déc. 1965

Et aussi, du même : [...] Vous célébrez les noces taciturnes de la vie vide avec l'objet indescriptible. Et Joël FARGES : Lieu vide, fission ou index, d'une déchirure, entrelacement discontinu : j'y passe, j'articule, je déclenche, j'y voyage. in Marguerite DURAS, collectif, Éd. Albatros, 1988 (pour mémoire = 75 F)

Et enfin, Pierre FÉDIDA, dans le même ouvrage : Ce discours parvient à se taire. Il fait place à la déambulation d'un espace dont seule la musique ou la voix peut indiquer qu'il est le lieu immobile d'une étrange violence.

Je ne relirai jamais La Douleur : c'est le livre le plus à vif, à nu qu'il m'ait été donné de lire. Un voyage qui doit rester unique.

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Christine 17/08/2014 13:50


tellement d'accord avec Lacan : pencher vers ... (sous son chapeau, on pourrait croire son sourire)

tempesdutemps.over-blog.com 17/08/2014 15:10



La formule juste, lui aussi, tellement profonde... On sens la douceur de la mélancolie, déjà, l'entre-deux lieux : ce ne sera pas facile, non, mais je le rendrai passionnant, dit-elle
(peut-être).