Mirò Poisson chantant
J'entends ce soir Jean-Claude Carrière rendre hommage à Jacques Tati et Pierre Etaix. Il explique qu'avec ces deux-là il a pris des leçons de regard.
Tati par Etaix
Et je pense à ces termes : leçons de regard.
Mes premiers profs de regard, ce sont mes parents. Du côté de Sido-Simone, ce sont les mimosas, les libellules, le crapaud, les petites fleurs pas si simples. Regarde ! Tu vois ? Ça, c'est une ombellifère, ça ressemble à une ombrelle.
Du côté du vieil éléphant, c'est Klee et Mirò, Kandinski et Braque... En toute liberté, seuls ensemble devant l'image, un passeur silencieux, son émotion pour seule boussole. Regarde.
Et puis viennent les autres : les enfants, en prise directe avec ce qu'ils voient, sans filtre, dans une traduction immédiate en une langue neuve. Retrouver le regard précis et lapidaire de ma fille. Georges et Django à la mer
Enfin, les ami(e)s peintres, les amis photographes ou comment passer du regard brut à la répercussion intérieure et/ou inversement. Que fait-on de cette image incorporée, quasi vision ? De la transformation du vu en donné-à-voir ? Regarde, c'est comme ça que je vois...
Nous en avons fait notre affaire mais nous avons tous pris des leçons de regard, un jour ou l'autre, auprès de passeurs qui eux-mêmes...
Grâce leur soit rendue !
